Mar 5, 2015 - Actualités    Aucun commentaire

Petit rattrapage de culture : la Syrie.

Palmyra, Syrie


Comme je l’indiquais dans cet article en préambule, j’ai pris conscience que ma culture générale concernant la situation géopolitique de la planète était défaillante, alors je tente de combler mes lacunes en rassemblant des sources diverses sur Internet et en les recoupant.

Je tente ici de partager avec vous ce que j’ai retenu et d’y placer quelques liens pour aller plus loin.
Je suis volontairement très simpliste mais n’hésitez pas à m’indiquer les erreurs que vous y voyez, cette démarche me permettra d’avancer.

Mon premier article de cette catégorie concerne le conflit syrien.

Il se passe quoi au juste en Syrie ?

Alors que jusqu’en 2011, les images qui nous parvenaient de la Syrie ressemblaient plutôt à ça :

Vieux marché de Damascus en Syrie Alep, Syrie

 

Aujourd’hui, malheureusement, on voit plutôt la Syrie comme ça :


Homs, Syrie
Fillette syrienne
 

La Syrie est en guerre civile depuis presque 4 ans.
Fin décembre 2014 on comptait déjà plus de 200 000 morts.
Mais pourquoi ?

Reprenons depuis le début.

Petite présentation de la Syrie :

D’abord, la Syrie, ça se trouve ici :

Syrie

La Syrie est voisine de la Turquie, de l’Iraq, de la Jordanie, d’Israël et du Liban.

La capitale, c’est Damas (presque 2 millions d’habitants), la langue officielle, c’est l’arabe, et la monnaie la livre syrienne (1€ vaut environ 215 livres syriennes au moment où j’écris).

Selon Wikipedia, la population syrienne est composée à 65-75% de musulmans sunnites, 15% de musulmans alaouites (chiites) et de 10% de chrétiens.
Par ailleurs, environ 4% de la population est kurde, une minorité ethnique active et présente aussi dans les pays voisins qui lutte pour créer sa propre patrie, le Kurdistan. La majorité des kurdes sont également musulmans sunnites.

Le président, depuis 2000, c’est Bachar El Assad. Il fait partie de la minorité alaouite (chiite). Il a succédé à son père, Hafez el-Assad, qui était lui même arrivé au pouvoir suite à un coup d’état en 1970.

Bachar el Assad
Bachar El Assad


A quelle occasion la guerre a-t-elle éclaté ?

La guerre civile éclate à l’occasion du printemps arabe, en janvier 2011.
Au départ, les manifestants protestent, comme dans le reste du monde arabe, en faveur de plus de libertés et d’un meilleur respect des droits de l’homme.
En Syrie, cette protestation prend vite une tout autre tournure quand elle est sévèrement réprimée par le régime de Bachar El Assad.

Plusieurs camps se forment alors, la situation se complique, mêlant des revendications diverses mais surtout idéologiques et communautaires.

Qui oppose-t-elle et pourquoi ?

Finalement, et de façon simplifiée, le conflit oppose :

– Les musulmans sunnites (les « Rebelles »): Il s’agit de la majorité des habitants du pays mais elle s’estime mal représentée, voire lésée par les organes du pouvoir.
– Aux musulmans chiites ou plus pécisément alaouites (les « Loyalistes ») : Ils sont représentés par le président Bachar El Assad.

Parmi les opposants sunnites au régime de Bachar El Assad, on compte notamment les islamistes : Les Salafistes, Al Qaida, Les Frères Musulmans.

Situation des affrontements en janvier 2014 :

Situation de la Syrie en janvier 2014

Pourquoi sunnites et chiites s’opposent-ils ?

Cette rivalité sunnite/chiite existe dans tout le Moyen Orient et a des origines anciennes. Elle a pris naissance à la mort du prophète Mahomet, en 632, à l’occasion de sa succession. Depuis ce temps, sunnites et chiites n’ont cessé de lutter (voire de s’entretuer) pour étendre leur influence régionale.

En savoir plus sur la différence entre ces deux branches de l’Islam.
et sur l’histoire de ces rivalités (deux articles très intéressants).

Qui sont les principaux soutiens de Bachar El Assad ?

– L’Iran et ses ayatollahs chiites
– Le Hezbollah du Liban
– La Russie de Vladimir Poutine
– La Chine

Qui sont les principaux opposants de Bachar El Assad ?

– La Turquie dirigée par Recep Tayyip Erdoğan
– L’Arabie Saoudite
– Le Qatar

Ils aident et/ou arment les opposants au camp de Bachar El Assad.

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France se sont alliés fin 2012 pour supporter la coalition nationale syrienne (CNS), principale formation anti-Assad … mais les Etats-Unis se positionnent aujourd’hui aux côtés de Bachar El Assad contre l’Etat Islamique (Daech), ce qui rend leur position très confuse.

Pourquoi la France soutient-elle les opposants à Bachar El Assad ?

La France a une position très confuse, elle aussi, vis à vis de Bachar El Assad.

Le président Jacques Chirac était très opposé à Bachar El Assad, qu’il pensait impliqué dans l’assassinat de son ami, l’homme politique libanais Rafiq Hariri, survenu le 14 février 2005.

Le président Nicolas Sarkozy a, quant à lui, entretenu au début de son mandat de très bonnes relations avec Bachar El Assad, le recevant à l’Elysée en grandes pompes. Il voit alors en lui un allié de force au Moyen-Orient.

Bachar El Assad et Nicolas Sarkozy

A partir de 2012, suite à la répression sanglante du printemps arabe en Syrie, Nicolas Sarkozy change de position,  condamne fermement Bachar El Assad et son régime et suspend toute relation diplomatique avec la Syrie.

Le président François Hollande, arrivé au pouvoir en mai 2012, maintient une politique diplomatique vis à vis de la Syrie très alignée sur celle, pourtant ambivalente, des Etats-Unis qui entendent maintenir leur suprématie et leur pouvoir d’ingérence au Moyen Orient.

Cette politique interventionniste est dénoncée par la Chine et la Russie qui s’associent donc aux côtés de Bachar El Assad dans ce conflit.

 

Que vient faire Daech (Etat Islamique) là dedans ?

L’Etat Islamique (ou Daech) est une organisation armée salafiste djihadiste issue d’Al Qaida en Irak  et établie en 2006. Elle profite du chaos installé en Irak et en Syrie depuis le début de la guerre civile pour s’imposer par la force et la terreur.

Les combattants de Daech sont difficiles à dénombrer. Leur objectif : rétablir un grand califat dans le monde musulman au sein duquel la charia (la loi islamique) serait scrupuleusement appliquée.

Ils dénoncent notamment les accords de Sykes-Picot.

Que sont les accords de Sykes-Picot ? 

Les accords Sykes-Picot sont des accords secrets signés le 16 mai 1916, entre la France et la Grande-Bretagne (avec l’aval des Russes et des Italiens), prévoyant le partage du Moyen-Orient à la fin de la guerre.

Londres et Paris promettent alors la création d’un royaume arabe unifié en lieu et place du califat ottoman en place depuis 1527 et qui succède lui-même aux différents califats établis depuis la mort de Mahomet en 632.

Mais, en réalité, l’accord prévoit de découper le Moyen Orient indépendamment de ces considérations, en 5 zones françaises et anglaises sur lesquelles seront dessinées plus tard la Syrie, l’Irak, le Liban, la Jordanie, le Koweit. 

Comment Daech s’y prend il pour convaincre de jeunes occidentaux de faire le djihad en Syrie ? 

Daech, presque un siècle plus tard, entend donc revenir sur ce découpage aléatoire du territoire et parvient à convaincre de nombreux jeunes combattants européens de rallier cette cause.

L’organisation prétend dénoncer le comportement intrusif de ces régimes occidentaux au Moyen Orient, comportement illustré plus récemment encore par la Guerre en Irak , guerre préventive lancée par les Etats Unis en 2003 pour parer à la menace (non prouvée) des armes de destruction massive. Cette intervention américaine a valu, en 2003, la capture, l’exécution par pendaison et la diffusion publique et massive de l’image du cadavre ensanglanté de Saddam Hussein, alors président du pays. Depuis lors, la guerre sévit toujours en Irak.

Sur la base de ces arguments, les combattants de Daech endoctrinent les jeunes occidentaux en quête de sens, les détournant de leur propre pays sur des arguments religieux et les amenant à faire « le djihad » pour des raisons humanitaires, c’est à dire afin de rétablir la justice dans cette partie du monde.

Mais si leurs paroles peuvent séduire ces jeunes, sur le terrain, leur activité est d’une violence inouïe et on ne compte plus les exécutions (décapitations, crucifixions, ensevelissements), viols, massacres et autres horreurs revendiqués par l’organisation.

Et aujourd’hui … 

J’ai retenu un article très intéressant du Courrier International du 5 janvier 2015 intitulé « Entre la peste et le choléra » et dont voici un extrait :

Illustration du Courrier International

Illustration du Courrier International

« En Irak, 150 femmes ont été tuées d’un seul coup le mois dernier parce qu’elles refusaient d’être mariées à des combattants djihadistes. (…)

Des centaines de milliers de personnes sont condamnées à vivre sous la férule de ce régime [de Daech] qui impose ses lois à la talibane, viole les règles les plus élémentaires de l’humanité, et fonctionne sur l’intimidation des adultes et l’endoctrinement des enfants. Ce n’est pas pour rien que les écoles ont été fermées, que les filles sont écartées de l’éducation et que l’enseignement imposé par Daech oblige les enfants à assister à des exactions. La plupart de ces peines sont exécutées en plein jour, sur la place publique. (…)

Il arrive que des révolutionnaires syriens laissent paraître qu’ils sont rassurés de savoir que leur famille vit dans des zones contrôlées par le régime Assad plutôt que par Daech.
Quand cela leur arrive, ils se reprennent aussitôt pour affirmer que tout, absolument tout, même Daech, vaut mieux que le régime baasiste d’Assad.

“C’est de la schizophrénie”, m’a dit une amie syrienne récemment revenue de Damas, en parlant de l’effroi qui saisit les habitants quand ils apprennent que Daech s’approche pour les “libérer”. C’est le déchirement de ceux qui doivent choisir entre la peste et le choléra. C’est le sort des Syriens ordinaires qui vivent sur place, des gens qu’on a oubliés et dont plus personne ne fait sa cause. »

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Quelques sources intéressantes pour aller plus loin.

Les deux vidéos qui vont bien (même si elles sont déjà un peu anciennes) :


Comprendre la situation en Syrie en 5 minutes par lemondefr

Pour en savoir plus :

Les clés du Moyen Orient
Les articles du Monde
Les articles de Libération
Les articles du Point
Les dossiers d’Arte

Fév 22, 2015 - Musique    Aucun commentaire

Le vieil Indien et le rockeur roux – Slow Joe & the Ginger Accident à l’Orange Bleue

slowjoe

Il ne faut pas croire qu’à Vitry-le-François, il ne se passe rien. En l’occurrence, nous avons une excellente salle de concert, appelée très poétiquement « L’Orange Bleue » et hier soir, sur cette Orange Bleue, une bien curieuse équipe est venue chanter : « Slow Joe & The Ginger Accident » (ou, en Français, « Joe le lent et l’accident avec le Rouquin »).

Slow Joe est un Indien de plus de 70 ans qui a une très belle voix. Il y a 5 ans encore, il était guide touristique en Inde. Et puis il a rencontré un musicien lyonnais, Cédric de la Chapelle, qui baroudait à Goa. Le jeune artiste a été complètement séduit par le vieil homme et, contre toute attente, ils ont décidé de faire de la musique ensemble. C’est ainsi que Slow Joe & The Ginger Accident est né ! Depuis, le groupe parcourt la France. Il a déjà sorti deux albums tout à fait singuliers.

Je vous conseille vraiment d’écouter ça :

Après Paris et Lyon et avant St Pierre de la Réunion, ils nous faisaient l’honneur de passer à Vitry-le-François. Quel dommage que les Vitryats ne se soient pas déplacés en nombre pour cet événement !

Fév 16, 2015 - Non classé    Aucun commentaire

Se coucher moins bête

Hmm, hmm, mesdames et messieurs, bonjour :)…
Voilà, mon blog est ouvert et il n’attend que mes articles. Mais le plus dur, c’est de commencer…

Alors d’abord, je voudrais présenter ma démarche.

J’ai la trentaine, j’ai reçu une bonne éducation (je crois), pourtant depuis que je connais mon mari, je me rends compte que, comme tout le monde, je suis un mouton.
Moi qui pensais avoir un esprit critique super aiguisé, je réalise que je suis très souvent téléguidée inconsciemment dans mes choix et mes réflexions par la société, les médias, la paresse, le manque de temps ou encore les peurs du qu’en-dira-t-on.
Mon mari, lui, réfléchit à tout, remet constamment tout en question pour en valider le bien-fondé. Au début, je trouvais cela fatigant et un peu pénible de toujours réinventer la roue, mais finalement il m’a contaminée de sa démarche et je me rends compte qu’il a raison.

Aujourd’hui, dans notre société, on se repose trop sur ses acquis les yeux fermés. On en a même perdu le sens et la valeur des choses, des actions. On ne sait plus rien faire seul. On consomme des infos sans trop rien comprendre, on fait les choses souvent mécaniquement.

A partir de cette remarque, j’ai commencé à me questionner sur tout et à vérifier les informations qu’on me donne. Heureusement, nous vivons dans une époque où il est facile de faire des recherches sur un sujet (merci Internet). Avec ce blog, j’ai souhaité faire partager le fruit de mes recherches à ceux qui, comme moi, se posent des questions (ou se sentent très incultes face à l’actualité) et n’ont pas forcément le temps de faire les mêmes recherches que moi.

Il faut dire que si je suis assez inculte, je dois bien l’avouer, j’ai au moins le mérite d’être curieuse ! En d’autres termes, je suis inculte mais je me soigne, d’où quelques petits articles de « rattrapage de l’actu ».

Par ailleurs, je souhaite aussi partager avec vous des sujets beaucoup plus futiles concernant les voyages, la culture, le quotidien à la campagne, ce genre de choses.

Bonne lecture !